CHARLES BIDDLE – Un pilier du jazz à Montréal

Charles ( Reed) Biddle est né le 28 juillet 1926 en Pennsylvanie. Ancien vendeur de voitures et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, M. Biddle a vécu durement la ségrégation raciale dans l’armée américaine. Révolté contre le racisme qui sévit à Philadelphie, sa ville natale, il décide de quitter son pays. En 1955, peu après son arrivée au Canada, il épouse Constance Marchand, une Québécoise francophone. À cette époque, l’union entre un Noir et une Blanche était taboue au Québec. L’épouse du jazzman, raconte qu’après la cérémonie, son père lui avait tout bonnement annoncé qu’elle était déshéritée.

En 1979, celui qu’on a surnommé « Monsieur Jazz Montréal » organise un festival de trois jours qui pave la voie au célèbre Festival International de Jazz de Montréal. Lauréat du prix Oscar-Peterson, Charles Biddle reçoit plusieurs récompenses honorifiques qui consacrent son immense talent : le prix Calixa-Lavallée et l’Ordre national du Canada. Aujourd’hui c’est son fils Charles jr qui à l’honneur de remettre chaque année, le prix Charles Biddle pour un artiste ayant immigré au Québec et dont l’engagement personnel ou professionnel contribue au développement culturel et artistique non seulement dans son domaine mais aussi pour l’ensemble de la société québécoise.

Pendant 22 ans, Charles Biddle a joué, entouré de musiciens de renom, dans un établissement portant son nom Le Biddle’s Ribs & Jazz sur la rue Aylmer à Montréal. Amicalement appellé Charlie, les gens venaient pour le voir jouer, rire avec lui, car c’était un bon vivant! D’autres, venaient curieux pour vérifier la légende urbaine : que ses mains étaient de grandeur exceptionnelles et ils partaient impressionnés après une poignée de main!

Monsieur Biddle est décédé le 4 février 2003 et a eu droit à des funérailles nationale. Il a inspiré ses enfants, Sonia, Stéphanie, Charles Jr et Tracey qui sont eux aussi passionés de musique !
Aujourd’hui le Biddle’s jr souhaite vous refaire revivre de bons moment et souvenirs ayant connu Charles Senior et/ou vous faire découvrir un nouveau cabaret spectacle inspiré par un grand homme, un père et un musicien incroyable!

Écrit par : Véronick Lemay
Source : Famille Biddle et Constance Marchand


Charlie (Charles Reed) Biddle Contrebassiste (Philadelphie, 28 juillet 1926, naturalisé Canadien en 2000 – Montréal, 4 février 2003). Après avoir servi dans les Forces armées américaines en temps de guerre, il étudie à l’Université Temple. Il vient à Montréal en 1948 en tant que membre des Three Jacks and a Jill de Vernon Isaac. Tout en travaillant le jour comme vendeur d’automobiles (1954-1972), il accompagne les pianistes Collie Ramsey, Milt Sealey, Alfie Wade, Sadik Hakim et Stan Patrick dans des clubs, et travaille de façon sporadique (1959-1978) avec le guitariste Nelson Symonds, sous sa propre direction chez Dunn’s, à la Tête de l’Art, etc. (1961-1963), sous celle de Symonds au Black Bottom (1964-1968) et en duo dans plusieurs lieux de vacances des Laurentides (1974-1978).

Bien que limité comme contrebassiste, Biddle s’est montré un infatigable défenseur du jazz à Montréal. Il organise des festivals consacrés aux musiciens locaux en 1979 et 1983, ce qui ouvre la voie au Festival International de Jazz de Montréal, et il donne son nom à un club du centre-ville en 1981 où il joue chaque semaine jusqu’à la fin des années 1990. Les succès remportés par ce club ont fait de « Biddles » le synonyme de jazz à Montréal durant les années 1980. Biddle (on the fiddle) y a dirigé des trios de façon régulière; on retrouve parmi ses pianistes Oliver Jones, Wray Downes et Jon Ballantyne. Il a joué sur des microsillons de Sealey, Ted Curson (voir Maury Kaye) et Jones; on le voit à l’écran dans les films Les Portes tournantes (Canada, 1988) et The Moderns (États-Unis, 1988). On peut également l’entendre dans le film The Whole Nine Yards (2000, Varèse Sarabande).
Biddle a reçu le prix Oscar Peterson en 2000; il a été nommé membre de l’Ordre du Canada en 2002 et honoré du prix Calixa-Lavallée en 2003. La Société Saint-Jean-Baptiste a dit : « Sans lui, les Québécois n’auraient peut-être pas développé leur amour pour le jazz qui a fait de Montréal l’hôte de l’un des plus grands festivals de jazz dans le monde ». On connaît également Biddle, un Afro-Américain, pour ses efforts en faveur des minorités raciales.

Discographie

Live at the Festival International de Jazz de Montréal, 1085 Justin Time JTR 8405-2.
Live at Biddle’s Jazz & Ribs, Oliver Jones Trio, 1983, Justin Time JUST-1; 1990 JUST 1-2.
In Good Company, Downes, Jones, O’Neal (piano), Muhammad (batterie), Ring (guitare), 1996, Justin Time JUST 90-2.

Article par : Betty Nygaard King
Publiée le :03/04/15
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